Témoignages rétrospectifs sur les cours enfants Anapana (tradition S. N. Goenka). Chaque personne a suivi des cours enfants Anapana puis un cours adulte de dix jours.
Ariane
Les cinq préceptes m’ont toujours suivie, que ce soit dans ma vie d’enfant ou dans ma vie d’adulte. C’est un socle et des bases solides sur lesquelles je me suis toujours appuyée pour la vie de tous les jours. Quand j’étais enfant, je pratiquais Anapana, mais pas de façon régulière. Je le faisais surtout comme outil pour aider à diminuer le stress, ou quand j’étais triste ou quand j’avais des examens à passer.
Le cours adulte, pour moi, c’était une évidence de le faire, parce que quand j’étais enfant, j’ai fait six, sept cours enfants de trois jours, et on parlait toujours de Vipassana, qui était la méthode qui suit Anapana.
Les cours enfants m’ont aidée pour mes cours de dix jours, parce que pour la première fois, quand je faisais les dix jours de Vipassana, je savais déjà un peu à quoi m’attendre, les lieux m’étaient familiers et la méthode, en tout cas d’Anapana, m’était connue.
Arthus
J’ai effectué mon premier stage enfant à 13-14 ans, et contrairement à ce qu’on pourrait penser, j’avais vraiment pas envie d’y aller. C’est mon père qui m’a forcé, parce qu’il pratiquait énormément la méditation, et depuis assez longtemps.
Le fait de me lancer, d’avoir été forcé de faire ce premier stage, ça m’a vraiment aidé, à avoir un coup de pouce. Je pense que c’est bien que les parents accompagnent les enfants et les motivent à se lancer, parce qu’ensuite ça m’a vraiment fait du bien. C’est pour ça qu’après, c’est moi qui ai pris la décision de revenir faire des stages, de mes 13-14 ans à 17 ans. Donc j’ai fait 6-7 stages à peu près durant cette période. J’ai vraiment senti la différence avec le début de ma pratique de méditation. Surtout que j’ai essayé de pratiquer chez moi.
Le fait de garder vraiment une pratique chez soi, ça permet vraiment de garder une continuité, et j’ai vraiment senti les bénéfices. Dans le sens où je sentais que j’arrivais beaucoup mieux à gérer mon stress, que ce soit au niveau scolaire ou également pendant les compétitions sportives.
Aussi, ça aide beaucoup à gérer l’anxiété sociale, à être plus calme. Donc ça, je l’ai vraiment ressenti clairement dans ma vie : j’avais changé en tant que personne, et vraiment en bien. C’est pour ça qu’avant de partir en études supérieures, j’ai eu envie de faire ensuite un stage adulte : à 17 ans, j’ai fait mon premier stage de 10 jours. Évidemment, c’est totalement différent, un stage adulte d’un stage enfant, parce que c’est beaucoup plus intense, beaucoup plus long également. Mais ça va être très formateur, parce qu’on va vraiment se retrouver tout seul avec soi-même, on va se recentrer sur nous pendant 10 jours. On va vraiment essayer de vivre au maximum dans le présent.
C’est très, très profond comme expérience. Mais ça apprend beaucoup, beaucoup de valeurs, beaucoup de bénéfices, et je l’ai vraiment ressenti moi, cette année. Parce que je suis actuellement en études supérieures, en classe préparatoire scientifique, et j’ai eu beaucoup de moments difficiles, notamment quand des fois il y avait des surcharges au niveau des cours, que je sortais de devoirs difficiles qui s’étaient mal passés. Ce qui m’a vraiment sauvé, qui m’a aidé à tenir cette année, c’est d’aller à Nantes, au Jardin des Plantes. Je me posais sur un banc, je prenais 20-30 minutes, je fermais les yeux. Je commençais à respirer, puis à méditer, en pratiquant Anapana tranquillement, juste sentir l’air qui rentre, qui sort, me recentrer sur moi-même, relativiser sur tous les problèmes, les choses que je traverse. Et ça, ça m’a vraiment aidé à me sentir bien, à me sentir mieux, à aller au mieux.
Tout le monde devrait essayer la méditation. Ça apporte beaucoup de choses. Pour moi, ça m’a vraiment beaucoup aidé.
Eric
J’ai participé aux cours d’Anapana dès l’âge de 8 ans environ, jusqu’à mes 18 ans. J’ai bien compris que l’objectif, c’était d’apprendre à concentrer mon esprit, mais à l’époque, je ne voyais pas forcément en quoi le fait de concentrer mon esprit allait m’aider dans ma vie. Je n’avais pas non plus forcément compris l’importance de tous les préceptes, et je m’en suis surtout rendu compte plus tard, lorsque j’étais jeune adulte. C’est là que je me suis rendu compte de leur importance. À la maison, j’essayais de pratiquer un peu après chaque cours, mais j’avais du mal à maintenir une vraie pratique régulière. Après les cours enfants, j’ai participé à un cours de dix jours afin de voir ce que c’était que la méditation Vipassana. Je trouve que cette expérience des cours enfants m’a aidé à entrer plus facilement dans ce cours et avoir moins d’appréhension.
Pour autant, c’est surtout plus tard que je me suis rendu compte de l’importance de Vipassana, d’Anapana et de la Sīla pour moi. Si je devais expliquer pourquoi ça vaut le coup de faire des cours enfants, je dirais tout d’abord que c’est une parenthèse dans la vie de tous les jours, un moment où on essaie de prendre du temps loin de toutes les technologies et on est plus avec soi-même. C’est aussi un moment où on découvre des principes moraux importants dans la vie, et en plus, c’est un très bon moment à passer avec d’autres jeunes. Je pense que pour les parents, c’est l’occasion d’essayer de partager ces principes moraux et cette technique avec leurs enfants, de planter une graine, sans attendre ensuite qu’ils continuent à pratiquer ou à faire Vipassana. Mais au moins, ils ont cette petite graine en eux, de Sīla et d’Anapana.
Victoria
J’ai de très bons souvenirs de mes cours enfants de méditation. Je me rappelle que c’était toujours un moment que j’attendais avec impatience pendant les vacances scolaires. C’est vrai que la méditation, c’était la partie que je préférais le moins. J’aimais beaucoup les activités manuelles, jouer dehors.
Je me rappelle que pendant les moments de méditation, on devait se calmer. Et ça permettait de faire une coupure avec les moments d’activité un peu plus physiques et interactifs. Je comprenais bien ce que signifiait la méditation, et surtout les bienfaits apportés par la méditation. Et ça, je l’ai compris dès enfant, en fait. C’était très bien expliqué par les encadrants. Du coup, ça m’a donné envie de le pratiquer au quotidien. Et c’est vraiment en devenant adulte, en ayant les méfaits du stress, de vouloir réguler nos émotions, de vouloir réguler notre stress, qui m’a vraiment motivée à pousser un peu plus ma pratique de la méditation. Et c’est pour ça que j’ai voulu continuer vers un cours de dix jours. Je recommanderais vraiment à un parent d’amener son enfant au cours de méditation enfant, car c’est pas long, c’est de l’amusement, mais aussi de la méditation, avec un moment plus sérieux et plus calme. Donc je trouve qu’il y a un très bon équilibre pour un enfant entre les moments où on joue et les moments où on est plus calme. Et c’est une introduction tout en douceur et tout en bienveillance de la méditation auprès des enfants.
Donc en fait, dès qu’on commence enfant, quand on devient adulte, ça devient plus naturel à mettre en place. C’est beaucoup moins difficile, et donc je recommande vivement de l’appliquer dès enfant.
Youni
Je m’appelle Youni, j’ai démarré les cours enfants à 9 ans, j’en ai maintenant 36. Mes parents sont méditants tous les deux. Ma mère avait à cœur de nous emmener, mon frère et moi, à des cours enfants. La méditation Anapana a été une belle découverte pour moi. Elle m’a beaucoup aidée à l’école, notamment pour la concentration et la mémorisation. Elle m’a également forgée, elle m’a donné une force mentale, du courage pour affronter les aléas de la vie. La Sīla m’a donné une ligne de conduite dans ma vie d’enfant et d’adulte, de savoir ce qui était bien ou mal. Je garde de très bons souvenirs de mes cours : des rencontres avec les autres enfants, des activités créatives, les jeux en plein air et les histoires du soir. Plus les années passaient, et plus j’avais envie de découvrir ce qui se cachait derrière la méditation des adultes, Vipassana. À 17 ans, j’ai pu participer à mon premier cours. Je pense que la méditation Anapana m’a bien préparée pour ce premier cours, dans le sens où je ne découvrais pas la méditation, mais que celle-ci était la continuité naturelle de mes cours enfants.
Danine
J’ai connu la méditation grâce à ma mère, qui m’a accompagnée au cours enfants Anapana à l’âge de 12 ans, et elle-même l’avait découverte grâce à mon grand-père. À cet âge-là, j’étais très affectée par le décès de mon grand-père. Ça faisait 4 ans que j’étais très triste. Et la première fois que j’ai pratiqué Anapana, quand on me l’a enseigné et que j’ai commencé à le pratiquer, je me souviens très bien à quel point j’étais profondément heureuse, parce que j’avais l’impression que pour la première fois, j’avais découvert qu’il y avait une sortie à la souffrance. Et cet espoir-là m’a apporté beaucoup de paix. Cette pratique m’a apaisée, elle a apaisé cette tristesse, mais aussi mes peurs, ma colère.
Le fait d’être avec d’autres méditants, d’autres enfants méditants, entourés de bénévoles aussi gentils, dans un environnement aussi calme, paisible et joyeux, ça m’a fait beaucoup de bien. J’étais toujours très heureuse pendant mes cours. J’en garde un très bon souvenir.
Quand j’ai fait les cours de dix jours pour adultes, je me suis rendu compte que le fait d’avoir fait des cours enfants m’a permis d’avoir déjà un fondement qui m’a beaucoup aidée, notamment le fondement théorique, avec la compréhension de la Sīla, la pratique d’Anapana, la Mettā, les Pāramī. Mais ça a aussi facilité ma pratique, parce que j’ai eu le sentiment, grâce à ma pratique quotidienne d’Anapana avec mes parents à la maison, d’avoir fait un gros prélavage, ce qui m’a permis d’avoir une expérience, je pense, peut-être moins violente que si je ne l’avais pas faite.
Ça m’a aussi permis, grâce à cette discipline et ces fondements, de pouvoir aller plus en profondeur dans ma pratique. Donc ça m’a énormément aidée, depuis l’âge de mes 12 ans jusqu’à maintenant, et je sais que ça continuera de m’aider. Aujourd’hui, je suis très heureuse de pouvoir servir des cours, que ce soit adultes, mais aussi enfants. En faisant ça, j’ai le sentiment que je peux remercier ceux qui m’ont donné le Dhamma. En servant les cours enfants, j’ai le sentiment que je peux enfin les remercier de la meilleure manière qui soit.